Toulouse rose, la ville de brique

Dès le premier regard, on est frappé par les couleurs de la ville, des roses les plus doux aux oranges les plus soutenus. Toulouse s'est édifiée au fil des siècles en utilisant majoritairement la tuile et la brique romaine, appelée « foraine » en Midi toulousain, héritage antique dont elle a perpétué l'usage.

Une foraine à Toulouse

Il y a 10 000 ans, près de Jéricho, en Palestine, est inventé un nouveau matériau de construction, la brique.  Faite à partir d’argile ou de terre, son usage s’étend rapidement dans tout le Moyen-Orient. Longtemps, l’homme modèle la brique à la main et la met à sécher au soleil puis il expérimente la cuisson permettant ainsi d’imposantes architectures, ornées de décors de frises, de moulures, parfois émaillés.
Toulouse s’habille de briques dès l’époque antique, particulièrement avec l’installation des Romains, l’abondance de la glaise permettant de combler le manque de pierre. De nombreuses  briqueteries sont construites,  on en dénombre jusqu’à 33, chacune possédant sa propre estampille. À Toulouse, la brique est appelée foraine. Ses dimensions sont spécifiques : 42 x 28 x 5 cm. Elle peut être utilisée dans tous types de construction : mur, muret, encadrement, rénovation d’angle de mur...

Pour les gourmands, la brique toulousaine se déguste. De petits bonbons feuilletés et pralinés « la brique du Capitole » vous raviront lors de votre séjour. Retrouvez la liste des boutiques la proposant…

Moulée, sculptée, enduite, brute, la brique sublime l'architecture toulousaine.

Quand Toulouse devint rose !

Utilisée au Moyen-Âge dans l’architecture de prestige,  les édifices religieux ou les maisons fortes, la brique est délaissée dans l’architecture civile ordinaire au profit du bois. Elle revient en force à partir de la Renaissance. En effet, suite à de nombreux incendies, les Capitouls (nom porté par les consuls) prennent la décision d'interdire l’usage du bois et de la paille et d’imposer la brique. Son utilisation se généralise à partir du XVIe siècle grâce à l'argent du commerce du pastel.
Au cours des siècles, la brique est toujours là, incontournable : associée à la pierre pour les cadres des fenêtres, les décors des façades et les portails ; dissimulée sous des badigeons laiteux ou sang-de-bœuf ; mariée aux galets de rivières. La brique n’est pas seule dans l’architecture toulousaine : Toulouse utilise l’argile sous une autre forme, la tuile. Ces tuiles dites canal sont utilisées pour la couverture des toits. Modelées sur la cuisse des artisans, dit-on, elles possèdent une courbure qui devint un standard dans le bassin méditerranéen si bien que même vue du ciel, Toulouse rougeoie.

Depuis le XIXe siècle, la terre cuite a pris ses lettres de noblesse grâce aux efforts de la famille Virebent. On leur doit un brevet d'invention déposé en 1830 : un système de presse agit comme un emporte-pièce pour découper diverses formes dans la glaise fraîche. Cette technique permet de s'affranchir des sculpteurs. C’est le début de l'industrialisation. Maisons des faubourgs et immeubles du centre-ville rivalisent d’éléments de décor sortis de la fabrique familiale : mascarons, cariatides, colonnades, antéfixes pour le plus grand bonheur des promeneurs. La variété des motifs et des coloris fait de l’architecture toulousaine un festival d’images.

Rose le matin, rouge à midi, pourpre le soir, la brique anime le paysage toulousain au fil des saisons.

Quand Toulouse devint rose !